Vous et votre grossesse

D’une vie en rose à une vie morose : comment faire face à la dépression post-partum ?

Sur les réseaux sociaux et à la télévision, les jeunes et futures mamans ont souvent l’air sûres d’elles et heureuses. Mais que faire si votre vie en tant que maman n’est pas rose, mais plutôt grise, voire noire ? Comment faire face au babyblues et que faire si vos sentiments moroses se transforment tout doucement en dépression post-partum ?

Babyblues

Saviez-vous que 50 à 70 pour cent des mamans se sentent déprimées, irritées, peu sûres d’elles et émotionnelles les 10 premiers jours qui suivent l’accouchement ? Vous n’êtes donc pas seule ! Le babyblues commence généralement 3 jours après l’accouchement et atteint son apogée au jour 5. Vous pouvez vous mettre soudainement à pleurer, à vous sentir anxieuse ou tendue, mais aussi à ne pas savoir comment gérer vos émotions ou réussir à dormir. Le babyblues est tout à fait normal et puise sa source dans les changements hormonaux se produisant dans votre corps. Ils sont temporaires et s’estompent habituellement au bout de deux semaines maximum.

Dépression post-partum

Si votre état ne s’améliore pas après deux semaines, il se peut que la situation soit plus grave. Les symptômes de la dépression post-natale sont les mêmes que ceux du babyblues ; la différence réside principalement dans la durée. Prenez une feuille de papier et écrivez les sentiments et craintes que vous ressentez. Vous vous sentez principalement déprimée ? Ou vous souffrez plutôt d’anxiété et de nervosité ? Vous ne parvenez pas à trouver le sommeil, même lorsque votre bébé dort ?

Retenez toujours qu’il est parfaitement normal de vous sentir incertaine ou anxieuse. Devenir maman est un évènement merveilleux, mais qui bouleverse intégralement votre vie. Vous avez non seulement donné naissance à un enfant, mais aussi à une nouvelle version de vous-même. Votre enfant vous rend désormais plus vulnérable.

Vous connaissez votre corps mieux que personne. Vous avez l’impression d’être dépassée par vos émotions ou ne savez pas quoi faire de vous-même ? Parlez-en à votre partenaire, à votre famille ou encore à des amis proches. Leur soutien et leur empathie peuvent déjà vous aider. N’hésitez pas également à consulter votre médecin. Il peut vérifier si vous avez besoin d’un soutien psychologique supplémentaire ou s’il est nécessaire que vous commenciez une médication temporaire.

Que pouvez-vous faire ?

Entrer dans une dépression après l’accouchement n’est donc pas rare et vous n’êtes absolument pas seule dans cette période difficile. Continuez à demander de l’aide si vous en avez besoin. Sachez toutefois que le traitement d’une dépression post-partum commence aussi par un travail sur vous-même.

Les conseils suivants peuvent vous aider à vous sentir mieux, petit à petit :

  • Mangez régulièrement et sainement

    Lors d’une dépression, le niveau de sérotonine (l’hormone du bonheur) dans le cerveau est faible. Par conséquent, vous préférez probablement ne rien manger ou, au contraire, vous avez envie de vous remplir le ventre de biscuits et de chocolat. Toutefois, il vaut mieux éviter les aliments trop sucrés, car ils ne font augmenter le taux de sérotonine que sur le court terme. Que manger alors ? Des glucides et des protéines en quantité suffisante (viande, lait, bananes, poisson, œufs, fromage, avocat, épinards, avoine, pruneaux, cerises, kiwis, cacahuètes, dattes, lentilles, riz brun, graines de tournesol, graines de citrouille, graines de sésame). Évitez aussi de sauter le petit-déjeuner.

  • Buvez suffisamment d’eau

    L’eau joue un rôle important sur votre humeur. Si vous ne buvez pas assez d’eau et que vous êtes déshydratée, votre anxiété peut accroître. Vous sentez venir une crise de panique ? Buvez quelques verres d’eau ; vos angoisses devraient s’estomper.

  • L’importance d’un sommeil ininterrompu

    Une bonne nuit de sommeil n’est plus forcément évidente quand on a un enfant, mais reste toutefois cruciale. Saviez-vous que votre taux de sérotonine chute lorsque votre sommeil est interrompu ? Le fait de se réveiller régulièrement la nuit peut donc aggraver votre dépression et vos angoisses. Essayez de vous organiser avec votre éventuel partenaire ou, si possible, avec un membre de votre famille afin de vous relayer pour vous occuper de votre bébé la nuit. Plus vous passerez de nuits de 5 à 6 h de sommeil sans interruption, plus vite vous vous remettrez de votre dépression post-partum. Vous ne trouvez pas le sommeil lorsque votre bébé dort ? Demandez à votre médecin de vous prescrire temporairement des somnifères.

  • Promenez-vous tous les jours

    L’activité physique améliore la santé mentale et la résistance. Cela ne veut pas dire que vous devez commencer à vous entrainer pour les 20 km de Bruxelles dès demain… Mais vous constaterez qu’en faisant un peu d’exercice tous les jours, vous vous sentirez petit à petit plus forte mentalement. Ne vous mettez pas la pression ; faire le tour du pâté de maisons suffit amplement. Si vous parvenez à marcher pendant une demi-heure deux à trois fois par semaine, votre taux de sérotonine augmentera.

  • Structurez votre quotidien

    La dépression donne l’impression que le monde bouge au ralenti ; chaque jour semble durer une éternité. Il peut être alors difficile de sortir du lit le matin et d’entamer une nouvelle journée. Structurer votre quotidien peut améliorer ce sentiment. Planifier des activités avec un enfant à la maison n’est pas toujours évident, mais chaque occupation compte. Notez chaque soir dans votre agenda ou sur un post-it 3 à 5 petites choses à faire le lendemain. Faites en sorte de dédier, chaque jour, au moins 1 activité à vous-même.

    Exemple :

    Jeudi

    • Faire une promenade ;
    • Envoyer quelques photos de votre bébé à vos (beaux-)parents ;
    • Donner le bain à votre bébé ;
    • 30 minutes rien que pour vous : lire un livre ou un magazine, prendre une douche ou un bain chaud…
  • Essayez de sortir tous les jours

    Si vous êtes anxieuse ou dépressive, vous avez sûrement tendance à rester enfermée chez vous et à voir le moins de gens possible. Peu importe la difficulté et l’énergie que cela peut vous demander : essayez de sortir tous les jours. Non seulement vous avez besoin de vitamines D et d’air frais, mais un changement de décor peut parfois aussi faire des merveilles sur votre bien-être mental. Vous aimez la nature ? Baladez-vous dans les bois ou dans les champs et regardez autour de vous. Essayez de rompre cette spirale négative quelques instants en faisant des choses qui vous rendent heureuse.