Quand la dépression vient troubler le bonheur d’être maman

« J’avais tout pour être la maman la plus heureuse du monde, mais malgré mes multiples efforts, je n’y arrivais pas ». Sofie, maman d’Alessia (6 mois), a souffert d’une dépression prénatale dès les premiers mois de sa grossesse. Une dépression qui s’est prolongée après la naissance de son petit bout. Explication de ce trouble dépressif à travers le témoignage d’une maman aujourd’hui heureuse.

1 femme sur 8 touchée par la dépression prénatale

Sofie (32 ans) : « Quand on m’a appris que j’étais enceinte de 10 semaines, j’étais contente. Mais ce sentiment a aussitôt disparu un mois plus tard à la suite d’un horrible cauchemar dont je ne me souviens plus. Cette nuit-là, tout s’est effondré. Je n’arrivais plus à fermer l’œil, j’avais peur d’être seule. Palpitations, tremblements, je pleurais comme une Madeleine. J’ai frappé à toutes les portes pour demander de l’aide, mais je me sentais incomprise. Quelque chose ne tournait pas rond mais personne n’arrivait à mettre le doigt dessus. Jusqu’à ce qu’il soit décidé de me faire admettre dans un hôpital psychiatrique. Le mot ‘dépression’ fut lâché pour la première fois. »

Au moins 1 femme enceinte sur 8 serait touchée par la dépression prénatale. Il s’agit d’un trouble dépressif associé à la grossesse. Les changements hormonaux rapides ont un gros impact sur le cerveau, perturbent l’équilibre chimique et entraînent de l’angoisse, de la nervosité, ou encore une dépression. Les perfectionnistes sont particulièrement vulnérables.

Enceinte et mal dans votre peau ? Quelques conseils pour vous aider

La dépression postnatale, bien plus qu’un « baby blues »

Sofie : « Mon second cauchemar a commencé lors d’une visite de contrôle chez le gynécologue, une semaine avant l’accouchement. Pour déclencher le travail, le gynécologue a procédé au décollement des membranes de la paroi utérine. Mais rien ne s’est passé. Si ce n’est que j’ai perdu beaucoup de sang. Et j’avais mal partout. Quelques jours plus tard, j’ai enfin accouché de ma fille. Pascal, mon mari, pleurait. Je ne savais pas comment réagir. Je regardais ma fille mais je n’arrivais pas à réaliser qu’elle était sortie de mon ventre. Même son prénom, Alessia, c’est Pascal qui l’a choisi. Ça ne m’intéressait pas. »

« De retour à la maison, c’est allé de mal en pis. Mon époux faisait tout à la maison, il s’occupait d’Alessia et de moi. Quand il a repris le travail, ce fut la panique totale. Ma mère est restée à mes côtés. J’ai aussi reçu de l’aide d’une sage-femme qui m’a orientée vers une psychologue spécialisée en traumathérapie, sans succès. En fin de compte, la psychiatre et mon époux ont décidé de me faire suivre psychologiquement à la maison par une équipe de crise. Ils m’ont suivie pendant plus de 4 semaines. J’ai enfin trouvé un peu de sérénité. »

Durant les quelques jours qui suivent la naissance, de nombreuses mamans souffrent du « baby blues », sous l’influence des importants changements hormonaux et physiques. Lorsque cet état mélancolique dure plus de 10 à 14 jours, on parle alors de dépression postnatale ou post-partum.

La dépression postnatale en faits et chiffres

  • Il y a quelques générations, la dépression postnatale touchait environ 10 % des jeunes mamans. Aujourd’hui, 12 à 20 % s’y trouvent confrontées, avec différents degrés de gravité.
  • Une dépression postnatale commence souvent dans les 6 semaines qui suivent l’accouchement et présente des similitudes avec d’autres formes de dépression.
  • Elle peut aussi toucher les papas. Selon une étude britannique, 3 % des papas dépriment après la naissance de leur enfant.
  • Une dépression postnatale peut se prolonger durant des années. Toutefois, avec un bon soutien psychologique et affectif, 60 à 65 % des femmes concernées guérissent dans les 12 mois.

Du baby blues à la dépression postnatale : apprenez à faire la différence

Les conséquences pour Bébé

Sofie : «À la maison, je remplissais tous mes devoirs de mère, je changeais Alessia, je la nourrissais, mais je n’avais pas la fibre maternelle. Après 2 mois, je suis retournée travailler. Cela m’a fait du bien. Je garde aujourd’hui encore un sentiment de culpabilité. Cette mauvaise passe aura-t-elle un impact sur Alessia plus tard ? Je fais tout mon possible, aujourd’hui, pour que cela ne soit pas le cas. »

Un bébé ressent toutes les émotions de sa maman par ses gestes et sa voix. Mais s’éloigner de lui le priverait du contact physique dont il a tant besoin. Une dépression post-partum peut toutefois avoir des conséquences sur Bébé. Un désintérêt à son égard peut avoir un impact important sur la construction de la relation mère/enfant. Certains bébés réagissent d’ailleurs fortement à la dépression de leur maman et présentent parfois eux-mêmes des symptômes dépressifs, d’anxiété, de troubles du sommeil ou de l’appétit. N’hésitez donc pas à vous faire aider !

Lisez toute l’histoire de Sofie dans le magazine dreambaby².