Enceinte, « j’ai la mémoire qui flanche » ?

Les fameux « trous de mémoire de la femme enceinte » (surtout pour les faits nouveaux) ne sont pas un cliché sexiste, nombreuses sont les femmes qui les ont expérimentés. Idem pour les absences, le manque de logique, de réactivité, de concentration. Être étourdie, parfois, c’est drôle. Mais souvent, c’est juste pénible. Nos solutions.

Pas de preuve scientifique

Des scientifiques australiens se sont penchés sur la problématique, évaluant la mémoire de femmes enceintes pour la 1ère fois et de mamans ayant récemment accouché par rapport à celle de femmes du même âge n’ayant pas de bébé. Et là, surprise : aucune différence significative à noter, si ce n’est une performance légèrement moins bonne chez les futures mamans étant dans leur 3e trimestre de grossesse pour un seul test (celui mesurant la rapidité d’esprit).

Pourquoi cette impression d’avoir « la tête ailleurs » plus fréquemment ?

  • Ces sacrées hormones : qui dit grossesse, dit pics de progestérone qui aurait un effet inhibiteur sur les parties du cerveau où les souvenirs sont stockés et récupérés.
  • Conjugué à ce bouleversement hormonal, le bouleversement émotionnel n’aide évidemment pas. Ou plutôt, si : il « force » les futures et jeunes mamans à revoir leurs priorités pour réorganiser leur vie en mettant Bébé au centre de leur attention. Il y a donc nettement moins de place pour le reste. Et les trous de mémoire concernent en général ce « reste ». Lorsqu’une tâche nécessite vraiment toutes leurs capacités intellectuelles, les femmes enceintes/jeunes mamans sont la plupart du temps aussi efficaces qu’avant.
  • N’oublions pas que la mauvaise mémoire fait partie des petits maux connus de la grossesse… peut-être certaines ne se rendaient tout simplement pas compte auparavant qu’elles n’avaient pas une bonne mémoire.
  • Soyons logiques : la grossesse et les 1ers mois de Bébé sont des périodes fatigantes où le manque de sommeil se fait cruellement ressentir… fatigue et mémoire n’ont jamais fait bon ménage.

Un plan de lutte simple et efficace en 5 étapes

Sachant que ces pertes de mémoire peuvent perdurer longtemps après l’accouchement (ça se compte en années !), autant prendre le taureau par les cornes :

  1. Règle d’or : ne vous mettez pas la pression et ne soyez pas trop dure avec vous-même, relax ! Si vos trous de mémoire sont de plus en plus fréquents et que cela vous angoisse, parlez-en à votre médecin.
  2. Faites des listes pour rassembler vos idées… et gardez dans un seul et même endroit les objets importants que vous êtes susceptibles de perdre (clés, GSM, carte d’identité, cartes de paiement, prescriptions médicales…).
  3. Equipez-vous pour ne jamais être prise au dépourvu : ayez toujours un carnet et/ou des post-it et un bic à portée de main. Utilisez les « sticky notes », agenda (activez les rappels sonores pour vos rendez-vous), appli « prise de notes » voire le dictaphone de votre smartphone/PC.
  4. Vous pouvez déléguer certaines tâches ? N’hésitez pas à le faire pour désencombrer votre mémoire !
  5. Et puisqu’il vaut mieux prévenir que guérir : pendant vos moments de repos, exercez vos méninges à l’aide de petits jeux qui stimuleront votre mémoire (mots croisés, jeux de société, applis diverses), lisez, apprenez un poème par cœur, jouez d’un instrument, etc.

Faire le plein de « choline » ?

La choline est un nutriment essentiel au développement du cerveau de votre bébé… qui grignote peut-être bien la dose qui vous permettrait de conserver votre bonne mémoire (puisque la choline est impliquée dans la formation de la mémoire). Une petite cure de jaune d’œuf (un concentré de choline !) mais aussi de bœuf/lait/soja/noix/agrumes, pourquoi pas. Mais dans le cadre d’une alimentation équilibrée, sans excès.