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J’ai eu des nausées durant huit mois

La grossesse de Soetkin (32 ans) se résume à huit mois de vomissements. Seule la naissance de son fils Alexander (5 mois) a mis fin à ce calvaire. Soetkin a souffert d’hyperémèse gravidique, un trouble grave associé à la grossesse, caractérisé par de violentes nausées et des vomissements.

Frederik et moi rêvions d’avoir quatre enfants. Jusqu’à l’accouchement de notre deuxième fille. Nous avons dû revoir nos priorités, car durant toute la grossesse – pendant huit mois –, j’ai souffert de nausées. Elles ne se sont arrêtées que lorsque je suis entrée en salle d’accouchement. J’ai même dû être hospitalisée six semaines pour être nourrie artificiellement par sonde gastrique. - Soetkin

Le coupable ? L’hyperémèse gravidique, un trouble grave de la grossesse qui s’accompagne de nausées, de vomissements ainsi que d’une perte de poids pouvant aller jusqu’à la dénutrition et la déshydratation.

Une nouvelle grossesse malgré tout

Au début, nous avions donc renoncé à notre rêve de famille nombreuse. Je ne voulais plus jamais avoir à vivre ce calvaire. Puis, dans notre cercle d'amis, ça a été le baby-boom. Les bébés se succédaient à un rythme effréné et nous en étions à chaque fois très émus. Le désir d’enfant s’est alors réveillé. Pour finir, mes parents nous ont convaincus de nous lancer. Une grossesse ne dure que neuf mois. Les désagréments seraient vite oubliés une fois ce magnifique bébé entre les bras. On a donc changé nos projets et juste avant les fêtes, j’étais enceinte. - Soetkin

Réveillon de Noël dans le canapé

Je me revois décorer le sapin de Noël avec les enfants. Et penser que je n’avais pas encore eu de nausées. Car pour moi, chaque journée sans nausées était une victoire. Mais une semaine plus tard, je me suis mise à vomir, sans cesse. Ça a duré deux jours. Ma mère m’a alors amenée aux urgences. Ils m’ont réhydratée par perfusion et j’ai dû rester allongée dans la pénombre durant dix jours, sans pouvoir recevoir de visites. Mon état ne s’améliorait pas, mais j’ai tout de même pu rentrer à la maison pour célébrer les fêtes. J'ai passé le réveillon de Noël dans le canapé, avec un seau à côté de moi pendant que le reste de la famille s’amusait à table. - Soetkin

Frederik s’est occupé de tout

Pendant les longs mois qui ont suivi, Soetkin a à nouveau vécu l’enfer. Hospitalisations, alimentation par sonde à la maison… Et durant tout ce temps, elle n’a plus eu aucun contact avec le monde extérieur.

Je ne voulais voir que mon mari, mes enfants et ma maman. Ils étaient à mes côtés tous les jours. J’avais désespérément besoin d’eux. Dès que je me relevais dans mon lit, je vomissais. J'avais besoin de calme et de repos. Je n’étais plus une maman attentive depuis longtemps. Ni une épouse. Cette situation a dû être difficile à vivre pour les filles. Mais je savais que mon mari prenait tout en charge. Il cuisinait, faisait la lessive, s'occupait des petites. Ils géraient presque tout à trois. - Soetkin

Une privilégiée

Ce qui m'a aidée à tenir, c’est la perspective que tout ça se terminerait après la naissance. Nous savions aussi que le petit ne manquait de rien. Il prenait tout ce dont il avait besoin dans mon organisme. Nous étions soulagés. Au même moment, ma cousine luttait contre un cancer du sein. Elle aussi avait des vomissements, mais à cause de la chimio. Cela m’a considérablement aidée à relativiser ma situation. Nous n’allions pas tarder à vivre un heureux événement. Pour ma cousine, l’avenir était incertain… Cela m'a fait comprendre que, malgré les désagréments, j'étais une privilégiée. - Soetkin

Il en valait la peine

La naissance était prévue pour le 4 août. Mais comme le petit ne semblait pas pressé de pointer le bout de son nez, l'accouchement a été provoqué. Quelques heures plus tard, Alexander venait au monde. Pour Soetkin, dès son premier jour, c'était le plus beau petit garçon du monde. Dès qu’elle l’a vu, elle savait que ce parcours en valait la peine.

Ce troisième enfant était un tel bonheur. Ma joie était encore plus intense qu’à la naissance de mes filles. De plus, l'arrivée d'Alexander a coïncidé avec la disparition instantanée des nausées. Deux cadeaux en un, en quelque sorte ! J’étais en pleine forme. Le monde m'appartenait à nouveau ! Et je suis toujours dans le même état d’esprit. Alexander a maintenant 5 mois. Je suis tellement contente qu'il soit là. C'est la meilleure décision de notre vie. Et non, il n’y aura pas de quatrième ! Avec Alexander, notre famille est au grand complet et je ne laisserai rien ni personne gâcher ce bonheur. - Soetkin

Le saviez-vous ?

  • Les nausées font partie des symptômes les plus courants de la grossesse. 80 % des femmes enceintes souffrent de nausées à des degrés divers entre la 13e et la 20e semaine de grossesse.
  • L’hyperémèse gravidique survient dans 0,5 à 2 % des grossesses. Les nausées perturbent à tel point le quotidien de ces femmes qu'elles ne sont plus capables de manger, de boire, de travailler ou de faire le ménage.
  • Dans certains cas, l’hyperémèse gravidique peut provoquer une grave dépression.

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