Le choc de generations

L’arrivée de petits-enfants chamboule non seulement la vie des parents, mais également celle des grands-parents. En général, c’est la fête ! Mais il se peut que cet heureux événement vienne transformer les relations familiales. Quelle est la juste place à prendre quand on devient papa, maman, papy ou mamie ? Nele Martens, thérapeute contextuelle, analyse quelques situations.

Mieux comprendre ses propres parents

Sarah (34 ans), maman de 3 enfants : « J’étais convaincue que j’allais gérer les choses différemment le jour où je serais maman. Mais maintenant que je le suis, je vois très bien pourquoi ma maman a agi comme elle l’a fait, par pure angoisse maternelle. »

Tant que l’on n’a pas encore d’enfant, on se dit toujours qu’on agira autrement quand on sera parent. Mais le jour où l’on devient soi-même parent, on commence à mieux comprendre ses propres parents, tous les sacrifices que la maternité implique et pourquoi ils ont réagi d’une manière que l’on n’approuvait pas spécialement à l’époque.

Selon notre experte, Nele Martens : « On reproduit toujours le comportement de ses parents. Et il se transmet de génération en génération, parfois consciemment, parfois simplement par fierté. Le changement de rôle peut aussi s’accompagner d’un changement de point de vue et de comportement. »

Écouter les conseils mais décider soi-même !

Lisa, maman d’Arthur et Felix : « Pour mes beaux-parents, allaiter mon fils était une décision insensée. Mes parents aussi ont fait part de leur préférence pour le biberon qui était la norme à leur époque. J’allaite toujours mon fils de 9 mois et j’ai l’impression qu’ils n’ont toujours pas compris ma décision. Mais peu importe, mon époux me soutient à 100 %, et c’est tout ce qui compte. »

Les grands-parents ont toujours des conseils à donner concernant l’éducation des enfants. Les différences de point de vue sont souvent liées aux différences entre générations. Le conflit générationnel a toujours existé ! Les différences sont certes profondes, mais elles ne doivent pas forcément constituer une source de conflits.

Nele conseille ici d’examiner les différents points de vue et de faire preuve de recul et de flexibilité. Aller à l’encontre de l’avis de ses parents requiert du courage, quel que soit l’âge. Mais on n’éduque pas un enfant de la même manière aujourd’hui, qu’hier ou que demain. Les époques changent et on entendra toujours des avis divergents. C’est pourquoi, il faut rester soi-même et essayer de garder une relation conviviale avec ses propres parents. Au final, ce sera enrichissant pour toute la famille !

Les grands-parents, source de conflits

Cathy, maman de Kasper (1 an) : « Ma belle-mère n’approuve pas mes choix vestimentaires. Du coup, dès que Kasper débarque, elle l’habille avec ses affaires à elle. »

Nele : « Il est tout à fait normal de ne pas avoir les mêmes valeurs ou les mêmes règles. Et c’est acceptable tant que l’on respecte et que l’on tolère les décisions de chacun. Quoi qu’il en soit, l’enfant doit rester à l’écart du conflit. Et il faut aussi en parler avec son partenaire sous peine de se sentir tiraillé entre deux camps. »

Les grands-parents ne peuvent en aucun cas vouloir posséder l’enfant. Et ils ne doivent pas être systématiquement en opposition. Ils sont donc invités à reconnaître l’autorité des parents, car ils ne sont pas les éducateurs de première ligne. Par ailleurs, les petits-enfants ne doivent pas servir d’arme contre les parents, car leur bonheur peut en être entravé. En tout cas, les grands-parents doivent garder à l’esprit qu’à force de vouloir se substituer aux parents dans le rôle éducatif, ils s’exposent à des conflits, voire à une rupture de liens. Les critiques et les provocations inutiles sont à proscrire.

Coupure des relations parentales houleuses

Lotte, maman de Marthe (1 an) : « J’ai vécu une enfance difficile et je n’ai jamais eu le courage de couper les ponts avec ma mère, une femme dure et aigrie dont je n’ai jamais ressenti l’amour. Jusqu’à la naissance de Marthe ! ». L’arrivée de sa fille a aidé Lotte à prendre le taureau par les cornes et à couper les ponts avec sa mère, pour son plus grand soulagement.

L’arrivée d’un enfant peut nous donner la force nécessaire pour affronter les orages de la vie et rompre un lien parental. Si les relations n’étaient pas au beau fixe, la naissance d’un enfant peut aider à franchir le pas. 

Enterrer la hache de guerre

Veerle, maman de Melissa (11 mois) : « Quand je suis tombée enceinte, mes beaux-parents m’ont soudain considérée comme un membre de la famille à part entière et traitée comme tel. Surtout ma belle-maman. Aujourd’hui, je peux affirmer que ma belle-mère est une vraie perle ! »

Il est vrai qu’un nouveau-né peut ébranler les relations familiales. Mais cela n’entraîne pas forcément une détérioration des relations intergénérationnelles. Car cet heureux événement peut également servir à souder les liens familiaux et renouer des relations positives. Cette bonne entente, sans accroc ni rivalité, contribue à l’épanouissement des adultes et au bien-être des enfants. 

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