Notre premier enfant est arrivé après cinq fausses couches

En 2009, Laura (32 ans) et Koen (34 ans) décident de concrétiser leur désir d’enfant. Après cinq ans, et autant de fausses couches, ils accueillent enfin leurs jumelles, Hanne et Marie (4,5 ans). Laura nous raconte son parcours du combattant.

Laura : « Koen et moi n’étions mariés que depuis deux mois lorsque j’ai arrêté de prendre la pilule. Après quelques mois, j’étais enceinte. Mais le lendemain, je me suis mise à perdre du sang. C’était une fausse couche. Deux mois plus tard, je tombais à nouveau enceinte et nous annoncions la bonne nouvelle sept semaines plus tard à la famille. Une semaine plus tard, nouvelle désillusion. Le gynécologue nous annonçait que ce n’était pas possible que je sois enceinte de huit semaines car l’embryon qu’il voyait n’avait que cinq semaines. Durant le week-end, je faisais à nouveau une fausse couche. »

Pressentiment

Le gynécologue les oriente alors vers la clinique de la fertilité. Là, les médecins estiment que deux fausses couches ne justifient pas d’entamer les démarches, mais ils planifient tout de même quelques examens sanguins. Laura : « Le jour de ces examens, j’ai eu un pressentiment. J’ai acheté un test de grossesse en chemin et de fait, j’ai découvert que j’étais enceinte ! Tout semblait bien se passer. À sept semaines, des battements de cœur se firent entendre via le moniteur. Mais à douze semaines, lors d’une visite de contrôle, le malheur frappa à nouveau. L’embryon semblait avoir une grave anomalie génétique. Les médecins spécialistes de la fertilité nous ont alors conseillé de persévérer. »

L’étape de l’insémination

Laura : « En décembre 2010, j’ai été très brièvement enceinte, mais nous en avons relativement peu souffert. Nous étions convaincus que cela marcherait bientôt et nous nous sentions entre de bonnes mains. » Le couple décide alors d’entamer les procédures d’insémination. La première tentative fut fructueuse , mais se solda une fois encore par une fausse couche.

En quête de réconfort

Laura : « Après la cinquième fausse couche, j’étais en colère. La coupe était pleine, et pas que pour nous. Depuis trois ans, nos amis marchaient sur des œufs et ne savaient plus comment se comporter avec nous. » C’est sur les forums en ligne que Laura trouva du réconfort et du soutien dans les récits des autres. Cela ne pouvait pas être pire. Laura : « Sur ce type de forums, personne ne minimisera jamais votre ressenti et vous pouvez vous apitoyer sur votre sort sans scrupule. Ça fait du bien ! »

Enfin enceinte !

L’insémination suivante donna de nouveau lieu à une fécondation, avec deux poches amniotiques en prime. Laura : « À mon anniversaire, nous sommes allés avec des pieds de plomb à la visite de contrôle. Je n’osais pas regarder le moniteur, quand, soudain, le premier battement de cœur retentit, puis le deuxième ! Nous avons pleuré comme des madeleines. »

Repos complet

Après 28 semaines, Laura s’est retrouvée à la maternité avec des contractions. Le pédiatre fut appelé immédiatement et fut douloureusement honnête : le risque qu’elle accouche ce jour-là était très grand, et la chance que les jumelles survivent infime. Finalement, Laura est restée allongée jusqu’à la 33e semaine, pour enfin mettre au monde deux petites filles parfaites. Un an et demi après la naissance des jumelles, ils ont voulu un troisième enfant. Laura : « La mise en route d’un troisième était, malgré toutes nos mésaventures, une décision très rationnelle. Nous nous donnions une année. Et abracadabra, je suis tout de suite tombée enceinte et 37 semaines plus tard, Julie est née. »

Épreuve relationnelle

Aujourd’hui, trois petites filles en bonne santé gambadent dans la maison de Laura et Koen, mais leur chemin de croix reste encore présent. Laura : « Mon époux a été formidable. Pendant toutes ces années, il m’a répété qu’il me suivrait jusqu’à ce que je dise ‘stop’. Il a été ferme lorsque j’en avais besoin, dans ce grand huit d’émotions et d’irritabilité. Nous avons pensé plus d’une fois à renoncer à notre désir d’enfant. Mais à chaque fois, nous nous disions que nous n’avions pas encore épuisé toutes les possibilités.

Épreuve relationnelle

Laura : « J’ai conservé les échos des cinq premières grossesses, mais j’ai désormais tourné la page. Je reste toutefois vigilante quant à ces émotions sous-jacentes. Une amie à moi a également fait une fausse couche récemment. J’ai dû lui expliquer que je ne pouvais pas l’accompagner trop loin dans sa douleur au risque de craquer à nouveau. »

Le saviez-vous ?

  • De nombreuses femmes font une fausse couche avant même de se rendre compte qu’elles sont enceintes. Elles pensent alors simplement qu’elles ont des règles très abondantes.
  • Lors d’une première grossesse, le risque moyen de vivre une fausse couche entre la 4e et la 12e semaine est de 10 %. Ce pourcentage augmente avec l’âge, surtout chez les femmes enceintes de plus de 35 ans (20 % de risque de fausse couche).
  • Le risque de fausse couche est au plus haut au cours des 6 premières semaines de grossesse. À partir de la 12e semaine, le risque de fausse couche diminue : 7 à 8 %.
  • Souvent, il n’y a aucune raison apparente à l’interruption précoce d’une grossesse. Dans 60 à 80 % des cas, les fausses couches sont dues à une anomalie chromosomique (une forme de sélection naturelle). Mais le mode de vie de la maman a aussi une influence.

Lisez l’histoire complète de Laura et Koen dans notre magazine.