Quand la cigogne semble perdue...

En Belgique, un couple sur dix éprouve des difficultés à avoir un enfant. Comme eux, Lori (30 ans) et Dimitri ont attendu cinq ans leur bébé, leur miracle, Nina. Un bonheur intense qui a couronné un parcours long et difficile : six inséminations artificielles, cinq fécondations in vitro, une double grossesse extra-utérine et deux fausses couches. Un grand huit émotionnel qui les a, heureusement, renforcés en tant que couple. Lori : « Nina est la récompense ultime de nos longues années de patience. Elle vaut chaque larme versée depuis le premier jour. »

Tomber enceinte grâce à une FIV

La fécondation in vitro (FIV) est utilisée lorsqu’une fécondation naturelle ne fonctionne pas. La procédure de FIV (réussie) se déroule en cinq étapes :

  • Stimuler la croissance d’ovules à l’aide d’hormones.
  • Prélever par ponction les ovules arrivés à maturité (les ovocytes).
  • Placer l’ovocyte dans une coupelle avec des spermatozoïdes, en vue de la fécondation.
  • Replacer l’ovocyte fécondé (embryon à 8 cellules) dans l’utérus.
  • Vérifier s’il y a grossesse par un test sanguin.

Souvent, il y a plus d’ovocytes que ce que l’on peut replacer. Ces embryons sont alors congelés et réutilisés, si nécessaire, pour une nouvelle tentative de FIV. La procédure se simplifie un peu dans ce cas, puisque les étapes 1 à 3 ne sont plus à faire. 50 % des cellules congelées survivent à la décongélation. Les chances de tomber enceinte avec un embryon décongelé (cryo) sont donc moins fortes qu’avec un embryon « frais ».

L’ICSI (injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde) est une forme spéciale de FIV. On injecte ici un spermatozoïde directement dans l’ovocyte. Cette technique est uniquement utilisée dans le cas de problèmes de fertilité sévères chez l’homme.

Il ne faut pas non plus confondre FIV et insémination artificielle (IA). Dans le cadre de cette technique, on injecte artificiellement à une femme en période d’ovulation une grande quantité de spermatozoïdes. La fécondation se fait donc ici dans le corps. On passe généralement à la FIV après six tentatives d’IA sans résultat.

Pourquoi la FIV ?

Il peut exister de nombreuses origines qui expliquent pourquoi la conception ne fonctionne pas. Certains couples attendent plus longtemps pour avoir des enfants. Or, la qualité du sperme se détériore en général au fil du temps. La FIV ne va pas améliorer cette qualité, mais elle donne un coup de main à la nature si les spermatozoïdes et les ovules ne se débrouillent pas seuls. 

Aussi, les problèmes d’ovulation ou de trompes de Fallope ont une incidence sur la fertilité des femmes. Dans ce cas-là, la FIV peut aussi être une solution à explorer. Dans notre pays, 1 enfant sur 25 naît grâce à une fécondation in vitro.

Chances de réussite d’une FIV

Une FIV réussit-elle toujours ? Non. Certains couples ne peuvent pas encore goûter à la joie d’être parents après une FIV. L’âge de la femme joue un rôle important ici. Tout comme le type de problème que le couple rencontre.

Les femmes âgées de 20 à 30 ans sont celles qui ont le plus de chances de réussite. Mais après 30 ans, le pourcentage diminue fortement. Depuis quelques années, la probabilité d’avoir un enfant pendant les six cycles de FIV autorisés par la loi belge s’est stabilisée à environ 60 %.

Remboursement par l’assurance maladie

Une procédure de FIV est très chère. Sans intervention, les coûts peuvent s’élever jusqu’à 5 500 euros par tentative. Elle s’avère donc impayable pour de nombreux couples. Heureusement, l’assurance maladie en Belgique prend en charge les six cycles de FIV. Cela se fait uniquement à ces conditions :

  • La femme doit être âgée de moins de 43 ans.
  • La procédure doit être faite dans un centre reconnu.
  • Votre médecin ou votre gynécologue doit approuver cette procédure. La FIV est une option à utiliser uniquement après avoir essayé d’autres techniques, sans succès, pour tomber enceinte.

Vous avez droit à la FIV ? Il vous restera tout de même 300 à 500 euros à payer par procédure.

Législation en Belgique

La législation belge en matière de FIV est plus sévère que dans d’autres pays européens. L’arrêté royal de juillet 2003 limite le nombre d’implantations d’embryons. Ainsi, une femme jusqu’à 36 ans ne peut jamais se faire implanter plus d’un embryon. Par contre, deux embryons ou plus sont autorisés pour des femmes de plus de 36 ans ou pour les femmes pour lesquelles trois tentatives ont déjà échoué.

Pourquoi cette loi ? Pour limiter autant que possible les naissances multiples. Elles comportent en effet plus de risques et coûtent plus cher aux assurances maladies.

Plus d’infos sur la FIV et les autres traitements contre la stérilité : http://www.jeveux1bebe.be/, cliquez sur « Les thérapies ».